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Qu’est-ce que la méditation ?

  • derozariolionel
  • 11 oct. 2024
  • 6 min de lecture



La méditation est une pratique ancestrale, née il y a 5000 ans en Inde.

Selon la tradition, le prince hindou Siddhārtha Gautama dit le Bouddha originel, né en 563  avant notre ère, l’a développée et a créé le Bouddhisme. A l’âge de 35 ans, à l’issue de 7 jours et 7 nuits de pratique, il prit conscience de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination et atteint l’illumination notamment via la méditation. 

 

De nos jours, la méditation et notamment la pleine conscience  a perdu son caractère religieux.

 

L’esprit peut être comparé à un singe qui serait pris dans un filet. Celui-ci, ayant les membres entravés est sujet à des mouvements de panique qui le font s’agiter incessamment tant et si bien qu’il ne lui est plus possible de parvenir à défaire ses liens, et qu’il ne parvient au final qu’à renforcer les entraves qui le maintiennent prisonnier.

 

Sans apaisement, il lui sera impossible de se libérer.

 

L’esprit peut également être comparé à un océan dont la surface est agitée lors d’une tempête tandis qu’en profondeur règne calme et sérénité.

 

Le calme mental est appelé «  Shamatha » en Sanskrit.

 

Il est bien évident que la méditation ne consiste pas à arrêter de penser, mais qu’il s’agit en fait, de prendre conscience de ses pensées et émotions dès l’instant même où elles surgissent.


Ainsi, avec une pratique régulière vous développerez votre « Shiné », correspondant au calme intérieur et à la pacification mentale.

 

Savez-vous que notre mental est accaparé chaque jours par plus de 60 000 pensées ?

 

Nombre d’entre elles sont répétitives, voire extrêmement répétitives, parfois même elles reviennent de manière obsédante. Plus de 80 % des pensées quotidiennes sont des pensées qui sont déjà survenues dans notre esprit la veille.

 

Jusque-là ça n’est pas trop gênant, il ne s’agit que d’une perte de temps et d’énergie…

 

En revanche, la grande majorité de ces pensées est non seulement répétitive mais bien souvent  inutile voire négative et néfaste pour notre moral et notre santé.

 

Effectivement, en y réfléchissant, on ne trouve aucun intérêt concret à ressasser inlassablement des regrets ou des erreurs du passé.

 

Certes une prise de conscience de nos erreurs peut nous aider à évoluer, et à ne pas  renouveler sans arrêt les mêmes méprises. Pourtant, y penser de façon continue et obsessionnelle ne peut qu’entretenir et accroitre un manque d’estime de soi et un mal être.

 

Comme le dit le vieil adage,  « Ce qui est fait est fait » et rien ne pourra l’effacer.

 

De la même façon, ressasser des craintes ou des peurs ayant rapport à des évènements à venir peut certes permettre de prévoir et d’anticiper les choses pour peut-être éviter de mauvaises surprises. Cependant le futur ne se présente que très rarement comme on a pu le prévoir. Penser trop souvent aux événements négatifs risquant de survenir ne fait qu’affecter notre confiance en soi, et augmenter notre stress et notre anxiété.

 

Même si cela n’est pas systématique, il est prouvé scientifiquement que l’état psychique d’un individu influe très souvent sur son état physique et inversement.

 

Il est reconnu que le taux de guérison de toute maladie est  systématiquement plus important quand les patients ont un bon moral que quand ils sont rongés par la déprime.

 

De la même façon il est plus aisé de garder le moral quand on ne souffre pas de pathologie traumatisante que quand on en est la proie.

 

Par ailleurs, nos vies regorgent de nombreuses situations perturbantes.

Il nous est possible d’agir pour  en influencer certaines. En revanche, nous sommes tout à fait impuissants à agir sur nombre d’entre elles. Alors pourquoi ressasser des inquiétudes sur la météo, sur les actes commis par de tierces personnes ou sur une chute de la bourse ? Que nous passions de nombreuses heures à nous morfondre d’inquiétude ou que nous jouissions de l’instant présent, nous n’avons aucun pouvoir sur la tournure que prendra ce genre d’évènement. Nous avons donc tout intérêt à apprendre à lâcher prise sur ce que nous ne pouvons pas maitriser.

 

Parallèlement, êtes-vous certains de profiter régulièrement des beaux moments de la vie quand ils se présentent ?

 

Quand il n’est pas agité, l’esprit est parfois perdu dans des pensées fugaces. 

 

Ne vous est-il jamais arrivé, en parvenant à destination,  et  après avoir conduit pendant quelques heures, de vous apercevoir que vous êtes incapable de vous souvenir des détails du trajet parcouru ? Aucun souvenir de la beauté des paysages ne vous revient, pas plus que l’itinéraire que vous avez emprunté. En revanche, s’il y a eu des mésaventures, des bouchons, un temps désagréable, ou du verglas, cela ne vous aura certainement pas échappé.

 

Ne vous est-il jamais arrivé de passer à côté de rendez-vous importants comme une cérémonie de mariage, un repas avec un être apprécié, ou un spectacle, tout simplement parce qu’à un moment ou un autre votre attention s’est égarée et vous a éloigné de l’instant présent?

 

En vous entraînant à focaliser votre conscience sur un objet précis, plutôt que de la laisser filer au gré des innombrables pensées qui accaparent continuellement notre esprit, la méditation permet la pratique d’un ancrage dans l’instant présent, et nous rend plus propice à apprécier la vie telle qu’elle est.

 

En méditant, nous prenons conscience de tout ce qui se joue en nous dans l’instant, que ce soit positif ou négatif.

 

Ne pas prendre conscience de tout ce qui se joue en nous dans l’instant, que ce soit dans notre corps ou dans notre esprit, serait comme conduire une voiture en refusant catégoriquement d’en regarder les compteurs, voyants, jauges, et autres indicateurs qui apportent une aide précieuse à la conduite et à l’entretien du véhicule.

 

Etre conscient des choses agréables qui nous arrivent va permettre de développer un sentiment de bonheur et de gratitude.

 

Et être conscient des choses désagréables sans les contourner, doit nous permettre d’y répondre de façon intelligente plutôt que d’y réagir.

 

En effet chacune de nos expériences vécues est généralement composée de 2 éléments :

 

-       L’expérience elle-même, celle que nous vivons réellement.

-       La façon que l’on a d’y réagir. Cette réaction est bien souvent conditionnée par notre vécu et les réflexes de défense correspondants que nous avons développés en écho à nos expériences passées  depuis l’enfance.

 

Même lorsque l’expérience est agréable, il nous arrive parfois d’être préoccupé par l’idée qu’elle va s’achever.

 

N’avez-vous jamais quelque peu gâché un bel instant par la simple crainte de le voir se dissiper ?

 

C’est parfois le cas en vacances, lorsque la rentrée approche et que l’on se lamente intérieurement en se plaignant de la future reprise du travail, au lieu de profiter pleinement des derniers jours de congés dont nous disposons encore.

 

Ça peut aussi être le cas en amour, lorsque la crainte de ne plus être aimé, ou d’être quitté par l’être aimé vient atténuer le plaisir que l’on peut éprouver en passant du temps avec sa moitié.

 

Lorsque l’expérience est désagréable il nous arrive de nous infliger de la souffrance supplémentaire, comme de l’inquiétude ou de la dévalorisation…

 

N’avez-vous jamais rendu plus difficile un incident ou une sensation désagréable en y ajoutant des pensées inquiètes qui, au final, vous ont plus préoccupé que l’évènement lui-même ?

 

« Que se passera-t-il s’il me fait faux bond… » Ou « Il lui est certainement arrivé quelque chose de grave… » , « Je n’y arriverai jamais… » Ou « Je suis bon à rien » : Nous nous infligeons souvent ce genre de souffrances alors que les difficultés rencontrées sont tout à fait surmontables, et  qu’il est tout à fait normal de ne pas tout réussir du premier coup.

 

Enfin, lorsque l’expérience est neutre, nous avons tendance à l’ignorer, alors qu’elle aurait pu être très enrichissante malgré tout.

 

Yongey Mingyour Rinpotché compare l’action de la méditation sur nos pensées à celle qu’offrirait le visionnage d’un film image par image. Ainsi, au lieu d’avoir l’impression de vivre l’histoire du film et d’en ressentir les tourments, on obtient un certain recul qui nous permet d’avoir une sensation de sérénité et de calme en étant  simple témoin du contenu de la scène plutôt qu’acteur.

Ainsi, grâce à la pleine conscience, nous pourrons plus facilement observer nos réflexes d’attachement liés aux expériences plaisantes, et nos réflexes de répulsion liés à celles qui nous déplaisent pour tenter de ne plus être sous leurs emprises.

 

Fabrice Midal (Editeur et enseignant bouddhiste) :

 

« Tranchant avec la dictature de l’utilité, la méditation ne prétend pas nous permettre de tout dominer, elle nous aide à retrouver ce qui importe vraiment, à faire les choix importants. Elle nous permet de retrouver le lien réel, si souvent mis à mal, avec notre propre humanité. »

 

Tich Nhat Han (Moine bouddhiste vietnamien, écrivain poète):

« Méditer ce n’est pas éviter les problèmes ou fuir les difficultés. C’est au contraire trouver la force de les affronter. »

 

Jon Kabat – Zinn  (Docteur en biologie moléculaire et professeur de médecine émerite. Créateur de la clinique de Réduction du stress à l’université du Massachussetts):

 « Quand nous ne leur prêtons pas attention, nos pensées dirigent notre vie sans même que nous le sachions. Si nous les appréhendons en pleine conscience, nous avons la possibilité de mieux nous connaître nous-mêmes et de voir ce que nous avons à l’esprit, mais également d’étreindre nos pensées différemment, avec plus de sagesse, de sorte qu’elles ne dirigent plus nos vies. »

 
 
 

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